Agents de sentiers

UNE JOURNÉE DE PATROUILLE

8h30 : Après avoir fait le plein d’essence, nous démarrons en direction du sentier. Le temps est ensoleillé et semble vouloir le rester toute la journée. Nous sommes 2 agents de sentiers et nous partons pour une journée de patrouille dans les sentiers du club.

Essentiellement, notre tâche est de nous assurer qu’aucun danger ne guette les usagers. Les branches pouvant blesser un quadiste seront taillées, les crevasses seront signalées à l’aide de ruban jaune et nous vérifierons l’état des refuges au passage. Bien sûr, nous devrons aussi intercepter les usagers que nous croiserons, afin de vérifier l’immatriculation, la preuve d’assurance, le droit d’accès valide FQCQ et la preuve d’identification avec photo. Si la personne transporte un passager sur un quad muni d’un siège d’appoint, nous lui demanderons de fournir une attestation du cours suivi pour le transport d’un passager. Nous en profiterons pour vérifier la présence des équipements obligatoires, tels rétroviseurs, casques, etc.

9h10 : Quatre véhicules s’approchent en sens inverse. Nous allumons nos clignotants rouges pour leur indiquer de s’arrêter. Après les avoir salués, nous leur demandons de bien vouloir fournir les documents nécessaires. Tous, sauf un, présentent les pièces demandées. Celui à qui il manque l’immatriculation et la preuve d’assurance reçoit un avertissement écrit au sujet des papiers manquants. Les informations inscrites sur l’avertissement seront versées dans le dossier tenu par le directeur des agents de sentier. Si ce membre se fait de nouveau intercepter pour la même chose, il recevra alors un constat d’infraction par la poste.

9h45 : Nous voici au refuge. Aucun véhicule n’est présent. Nous remarquons qu’il y a eu une diminution significative dans la réserve de bois… En observant le sentier, nous constatons des bûches refendues ici et là, comme tombées d’une remorque. La conclusion s’impose… Quelqu’un vole du bois dans la cabane à bois. Ça n’est pas seulement une question de bois volé, mais aussi du travail des bénévoles qui l’ont amené sur place, fendu, cordé… Il y a vraiment des gens irresponsables!

Nous ramassons les canettes que les usagers n’ont pas déposées dans la boîte de récupération, donnons un coup de balai et repartons dans le sentier.

10h20 : Nous nous arrêtons à une intersection du sentier. C’est un endroit propice aux rencontres : 3 sentiers s’y rejoignent. Ça ne fait pas 10 minutes que nous y sommes arrêtés qu’un bruit bien distinct se fait entendre… Au moins 2 motos de type « motocross » arrivent à toute pompe! Lorsqu’ils voient nos vestes d’agents, les 2 « pilotes » rebroussent chemin rapidement en nous saluant…d’un seul doigt. Non seulement sont-ils interdits et délinquants, mais ils sont aussi impolis.

10h40 : Nous arrivons à un pont. 2 panneaux de signalisation sont par terre. Nous les replaçons du mieux que nous pouvons, sans l’équipement nécessaire. Le tout sera consigné dans notre rapport envoyé par courriel, en fin de journée. Le responsable de la signalisation s’occupera de replanter le tout conformément aux exigences de la loi sur les VHR.

11h30 : Nous revenons au refuge pour dîner. 6 véhicules y sont déjà stationnés. Nous vérifions les vignettes et les équipements. Tout est conforme. Nous entrons à notre tour dans le refuge pour dîner avec les membres présents. Quelques blagues, un bon lunch et nous reprenons le sentier.

12h40 : Au sortir d’une courbe, nous interceptons 3 véhicules de type « côte-à-côte ». C’est la routine des papiers et 2 avertissements sont remis pour rétroviseurs centraux manquants. Et oui… dans un tel véhicule, il faut un rétroviseur à gauche et un au centre, fixé sur le cadre. Encore une fois, ces informations seront versées dans le fichier des interceptions et sujettes à un constat, lors d’une récidive.

13h10 : Sur le chemin du retour, nous rencontrons un père et son fils. Leur motoquad est en panne; ils sont bien contents de nous voir arriver. Le moteur ne démarre pas. Ils sont nouveaux au quad et ne savent pas trop quoi faire. Mon collègue, qui s’y connaît plus que moi en mécanique, vérifie les fusibles et en découvre un qui est brûlé. Un simple remplacement de fusible et nos quadistes repartent, non sans le remercier.

13h30 : Un quad vient à notre rencontre. Nous l’interceptons. Il n’a pas sa vignette, il n’a pas de rétroviseur à gauche et son conducteur ne porte pas de visière, ni de lunettes de moto. Pendant que je lui explique la situation, mon collègue prend le numéro de la plaque d’immatriculation. Il nous explique qu’il ne fait qu’essayer son quad et qu’il sortira du sentier sous peu. Je lui explique qu’il est dans le sentier et qu’il recevra un constat à moins de prendre sa vignette. Il me dit alors qu’il n’a ni papiers, ni argent sur lui. Je lui explique que ce sont deux autres motifs de constats. Je lui suggère alors de se rendre au village et de prendre sa vignette au garage, puisqu’il aura récupéré ses papiers. En terminant ma patrouille, j’irai vérifier chez le commerçant et, s’il a bien acheté sa vignette, il ne recevra qu’un avertissement pour le rétroviseur et les papiers. Dans le cas contraire, c’est un constat qui sera émis.

14h05 : Plus loin, nous croisons un couple. Chacun conduit son quad et transporte un jeune à l’arrière. Après les vérifications habituelles, nous constatons qu’ils n’ont pas suivi la formation de la FQCQ qui permet de transporter un passager sur un quad avec un siège ajouté. Nous leur expliquons bien la situation et ils reçoivent tous deux un avertissement à ce sujet.

14h35 : Un groupe de huit motoquads et autoquads arrive en direction opposée. Les bagages attachés sur les machines et la belle boue bien présente sur chacune témoignent de plusieurs kilomètres de plaisir…

Nous procédons aux vérifications habituelles. Toutes les machines sont conformes. Ce sont des retraités qui voyagent depuis 3 jours. La bonne humeur et les tirades de toutes sortes sont à l’honneur. Après avoir discuté avec eux, nous reprenons notre route en interceptant et en vérifiant chaque quad rencontré.

La journée se terminera à 16h50 au garage du village pour vérifier si le quadiste intercepté plus tôt en après-midi a bel et bien acheté sa vignette. Nous constatons qu’il l’a effectivement prise.

Notes : Bien qu’ils ne se soient pas tous produits la même journée, les événements dont je viens de vous faire part sont tous véridiques. Je vous les ai racontés pour vous donner une idée du travail que les agents accomplissent bénévolement pour votre club.

Les agents de sentier suivent une formation de la FQCQ. Ils sont tous assermentés. Ils ont reçu une formation RCR et premiers soins et fournissent leur propre véhicule. Ce ne sont pas des policiers, mais ils ont la responsabilité de la sécurité dans les sentiers et peuvent émettre un constat s’ils le jugent nécessaire. Ils sont polis et courtois et vous expliqueront tout ce que vous devez savoir sur la nouvelle loi sur les véhicules hors route. Ils ont votre sécurité à cœur et apprécieront votre collaboration lors d’une interception.

Bonnes randonnées!

Pierre Bélec, Directeur des agents- Club Quad Hauts Sommets